« L’Autre Pays du Théâtre » : une programmation dans la langue de Molière

Publié le Mis à jour le

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Céline Duguin et Anne-Lise Rini proposent une saison théâtrale francophone depuis 2011 (photo AL)

L’Autre Pays du Théâtre. Ce n’est pas le nom d’une salle de spectacle mais celui de la boîte de production montée par Anne-Lise Rini et Céline Duguin en 2011. Quatre fois par an, elles font venir des compagnies françaises qu’elles programment au Niewregentes à La Haye. Leur 5e saison s’ouvrira en octobre 2015 avec un Molière. 

Une programmation théâtrale en langue française, qui permet de découvrir à La Haye des spectacles professionnels venus de l’Hexagone. C’est ce qu’élaborent, saison après saison, Céline Duguin et Anne-Lise Rini. Toutes deux ont établi leurs quartiers en Hollande depuis dix ans. Céline, infirmière de formation, arrivait de Clermont-Ferrand. Anne-Lise, enseignante, résidait en Belgique après l’Allemagne et l’Italie. Elles se sont rencontrées via l’école de leurs enfants, et ont décidé de rassembler leurs énergies pour monter leur boîte de production et de diffusion. Avec quatre pièces par an, l’épaisseur du programme est modeste mais le travail d’ampleur pour ces deux amies passionnées qui ne dégagent pas de bénéfice personnel de cette activité. Rencontre. 

Dans quel contexte est né l’Autre Pays du Théâtre ?
L’idée est venue en voyant les pièces du GEST (Groupe d’Expression Scénique Théâtrale), troupe amateur à La Haye qui existe depuis vingt ans, et qui a soutenu notre projet. Ils nous ont par exemple aidé à trouver notre public. En voyant leurs spectacles, il y avait ce plaisir à se retrouver entre Français, à rire et s’émouvoir ensemble. On peut aller voir du théâtre en anglais mais dans sa langue maternelle, les émotions sont plus fortes. Au départ c’était donc un peu une frustration de spectatrice. Ce n’est pas évident de voir du théâtre professionnel en français ici, la Schouwburg à La Haye, par exemple, n’ayant rien présenté dans cette langue depuis trois ans. L’offre est riche et de qualité, mais si on ne parle pas le néerlandais, ce n’est pas accessible. Il y avait aussi l’envie de faire vivre la communauté française. Après on rencontre des gens passionnants et ça devient une aventure passionnante.

Comment repérez-vous les artistes que vous accueillez ici ?
Au festival d’Avignon où l’on se rend chaque été. On reçoit aussi des captations vidéo, des documents, des invitations pour aller voir des pièces à Paris, mais c’est plus rentable d’aller une fois par an à Avignon. On voit entre vingt-cinq et trente spectacles et on en sélectionne quatre.

Comment faîtes-vous pour convaincre les compagnies de venir, qui plus est pour une seule date ?
C’est beaucoup de négociations parce qu’en France les théâtres sont subventionnés et les prix de vente ne sont pas les mêmes qu’ici. Mais certains artistes ont entendu parler de l’accueil qu’ils peuvent avoir ici, un public enthousiaste, une jolie salle, et il y a le plaisir de jouer à l’étranger. Nous ne faisons qu’une seule date car si cela nous est arrivé de refuser du monde, il n’y en avait pas assez pour une deuxième représentation. On peut accueillir 370 personnes et nous avons fait deux fois salle comble cette année, en octobre et mars dernier. 320 personnes en moyenne viennent à présent aux représentations alors qu’au début on avait 180 spectateurs environ.

Comment avez-vous fixé le prix des places (25 euros et 15 euros pour les enfants) ?
On avait commencé plus bas et on perdait de l’argent. On a dû équilibrer les comptes, on ne peut pas aller en dessous, les troupes font déjà des efforts. On a un budget restreint et aucune subvention. Avec la billetterie, on finance la venue des artistes, l’achat du spectacle, la communication, la location de la salle. Personnellement, nous ne touchons rien. Mais quand la salle vibre, applaudit, sourit ou s’émeut, ça vaut tous les salaires.

Où sont logés les artistes ?
Chez nous, à la maison ! Cela supprime les frais d’hôtel et les artistes préfèrent ce système. Cela permet de créer de vraies rencontres. On a des artistes fidèles, Fanny Mermet, Vincent Clergironnet ou l’AFAG théâtre.

Un mot sur votre ligne théâtrale ?
Les deux fils rouges sont l’humour et l’émotion, sans être dans un registre particulier. Certaines pièces sont des comédies et d’autres sont plus sombres. On programmera notre premier classique en octobre avec Monsieur de Pourceaugnac de Molière.

Et votre public, qui est-il ?
Le public est francophile, avec des couples mixtes, quelques Néerlandais, des francophones, des Belges, des Canadiens, quelques Italiens. Plus de la moitié des gens ne savent pas ce qu’ils viennent voir quand ils arrivent. C’est comme un ami qui vous prête un bon livre, ils nous font confiance et aiment se laisser surprendre.

Propos recueillis par AL

Adresse du théâtre lors des représentations : De Nieuweregentes, 63 Weimarstraat, 2562GR Den Haag
La programmation sur http://www.lautrepaysdutheatre.com/
Contact : L’Autre Pays du Théâtre, Willem de Zwijgerlaan 11B, 2582ED Den Haag. Tel: (0031)6.12.75.61.91


La saison 2015-2016

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Le 3 octobre 2015
L'affaire Dussaert_Avignon 2014-sans bandeaux-v3.indd
Le 11 décembre 2015
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Le 23 janvier 2016
DFJ_vivre_40x60_exe02.indd
Le 18 mars 2016
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