Regards sur les Pays-Bas avec Romain Audebaud : « Aucune ville ne ressemble à Rotterdam »

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Ils sont Français, vivent aux Pays-Bas depuis plusieurs années et livrent leurs points de vue sur le pays. Romain Audebaud, 35 ans, a créé Le réseau des francophones sur Facebook et fait partie de L’Entente des associations francophones à La Haye.  

A quand remonte votre arrivée aux Pays-Bas ?
Je suis arrivé à 25 ans, c’est ici que j’ai commencé ma carrière. J’y vis depuis dix ans et je m’y plais beaucoup. Je travaille dans le secteur commercial avec les entreprises et j’ai des projets pour la communauté francophone aux Pays-Bas, je suis donc sur plusieurs chantiers en même temps.

Peut-on dire que vous êtes hollandophile ?
C’est vrai que j’aime beaucoup la culture des Pays-Bas que j’ai appris à connaître. C’est une société très apaisée qui arrive à faire le compromis entre une économie dynamique, une certaine solidarité et une certaine liberté. Sur divers sujets, les Néerlandais sont plus tolérants que d’autres cultures. Pour schématiser et pour comprendre le peuple néerlandais que l’on sait à l’origine des Polders, il y a une illustration amusante : on dit que Dieu a créé la terre et que les Néerlandais ont créé la Hollande. Ils ont en effet créé la terre et la fondation sur laquelle allait reposer la maison. Ils ont toujours lutté, contre les envahisseurs, les Germains ou les Francs, et contre les éléments. Ils n’ont jamais été gâtés et ont su conquérir leur liberté et leur terre. C’est un peuple valeureux.

Comment percevez-vous le dynamisme dont on félicite souvent la ville de Rotterdam ?
La ville a beaucoup évolué, et j’ai eu la chance de vivre certains de ces changements. Elle est très singulière comparée aux autres villes aux Pays-Bas. Aucune ne lui ressemble. Beaucoup la comparent à New-York. On sait qu’elle a été meurtrie historiquement pendant la seconde guerre mondiale et a su renaître d’une façon très originale. C’est une ville qui bouge, qui a les avantages d’une ville moderne mais sans le stress. Géographiquement, on est à proximité de la mer et d’autres villes sympas comme Utrecht.

La verticalité ne pèse-t-elle pas parfois ?
Non, on ne ressent pas ce que l’on peut ressentir dans certaines villes américaines. On a rarement deux immeubles aussi hauts l’un que l’autre, d’ailleurs les immeubles ne se ressemblent jamais, ils sont tous uniques et c’est ce qui fait l’attractivité de cette ville. Il y a une métaphore pour illustrer cette conurbation qui regroupe les villes de Rotterdam, La Haye et Amsterdam. Rotterdam serait les jambes du pays puisque le port soutient toute l’économie néerlandaise, le coeur politique serait La Haye et la tête, plus intellectuelle et artistique, Amsterdam.

Quels sont les endroits où vous aimez vous attarder à Rotterdam ?
La Witte de withstraat qui est la rue qui bouge, avec tous ses bars. Le Markthal, L’hôtel New-York, Montevideo. Je me balade tous les jours en vélo. A la fin de la journée je prends plaisir à faire un tour de la ville. Quand j’arrive le long de la Meuse et que je vois cette skyline, à chaque fois je suis émerveillé par cette beauté, et par ces cieux si particuliers en Hollande.

Pourriez-vous vivre ailleurs ?
Non ce n’est pas à l’ordre du jour. Je suis très heureux et investi ici, je ne me vois pas revenir en France. Je me sens Rotterdamer.

Votre dernière sortie à Rotterdam ?
L’exposition Keith Haring au Kunsthal où j’ai eu la chance d’assister à la conférence de la présidente de la fondation Haring, Julia Gruen. Elle a très bien connu l’artiste et nous a remis dans le bain et l’effervescence des années 80, nous a rappelé le génie de Keith Haring.

Vous avez créé le Réseau des francophones. Quelle est la vocation de ce groupe Facebook ?
Il a été créé dans sa forme actuelle il y a un an. Le réseau des francophones est une fondation enregistrée à la chambre de commerce néerlandaise. C’est avant toute une plateforme de partage sur Facebook avec une optique associative. Il permet d’informer et de mettre en relation les francophones aux Pays-Bas. Il permet aussi de partager ses expériences et de soutenir les activités sociales, culturelles et professionnelles de notre communauté. Chacun apporte des choses. L’idée est aussi de faire le lien avec les élus français qui sont sur le réseau, sénateurs et députés, pour promouvoir les bonnes idées néerlandaises et inspirer nos politiciens. Favoriser le dialogue des cultures, se parler, échanger, c’est une richesse.

Ce groupe compte aujourd’hui 2700 membres, c’est une belle progression ?
Oui c’est une belle progression. On était 60 au début en 2014 ! Il semble que ça réponde à un besoin et que la formule plaise. C’est peut-être la bonne équation. Avoir la capacité d’être reliés, visibles, connectés, c’est avantageux.

Vous êtes également membre de L’entente des associations francophones. Un mot sur cette association ?
Le Réseau des francophones est partenaire de l’Entente des associations francophones aux Pays-Bas et j’en suis secrétaire. L’Entente francophone a pour objectif de coordonner et fédérer les activités associatives. Nous mettons d’ailleurs en place le forum des associations qui se tiendra le 1er octobre de 17h à 19h à la Résidence de France à La Haye, et aura pour but de mettre en relation les associations francophones. Ce pour trouver de nouvelles idées, et pour animer cette communauté qui aujourd’hui est de plus en plus visible et dynamique.

Propos recueillis par AL

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Photos R.A

https://www.facebook.com/groups/francaisnl/
http://www.ententefrancophone.nl/

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