« Life in colour » : Jacques Henri Lartigue exposé à Amsterdam

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Bibi, Paris, janvier 1921. Photo Jacques Henri Lartigue

Jusqu’au 3 avril, le musée de la photo d’Amsterdam (FOAM) présente un versant inédit du travail de Jacques Henri Lartigue avec l’exposition « Life in colour ». L’oeuvre de cet artiste révélé à New York en 1963 alors qu’il avait 69 ans, est résolument tournée vers la force joyeuse de l’existence. Et se fait le miroir malicieux et sensible des moments heureux.  

Il fait sa première image en 1900, à 6 ans. Lorsqu’il a 8 ans, son père, qui l’a initié à la photo, lui offre son premier appareil. Jacques Henri Lartigue ne s’arrêtera alors jamais de photographier la beauté, l’éclat et la joyeuseté des êtres et du monde qui l’entourent. Avide de retenir le temps qui passe, d’archiver la vie qui file. Photographe depuis toujours mais peintre de métier, il est révélé tardivement au public. Il inaugure en effet sa première exposition en 1963 au MOMA de New York. Il a alors 69 ans.

Jacques Henri Lartigue est notamment connu pour ses photos d’automobiles et d’aviation, et pour ses images de mode. La série présentée au FOAM, 128 clichés d’abord dévoilés à La Maison européenne de la photographie à Paris l’été dernier, montre un aspect moins exposé de son travail : la photo en couleur (1). Couleur qui représente pourtant un tiers de son oeuvre et lui permet de saisir les pépites de la vie en un clin d’oeil, contrairement au travail nécessité par la peinture. Il photographie beaucoup ceux qui l’entourent, qui s’amusent et passent du bon temps autour de lui, sa famille, ses amis, et celles qu’il aime, Bibi sa première femme (2), et Florette sa troisième épouse, que l’on voit ici sur de nombreuses photos. Passent aussi Fanny Ardent, Romy Schneider, Picasso ou JFK, ente autres.

Ses portraits sont d’une grande délicatesse. Et la spontanéité de son geste, face aux scènes de vie qu’il saisit, répond à des cadrages et des compositions de haut niveau. Beauté de la nature et des saisons, toile d’araignée tendue entre deux pins dans la neige, champs de coquelicots, arbres en fleurs éclatants, lumières des contrées ensoleillées, visages heureux d’enfants bretons aux joues rouges, horde de religieuses rendues humoristiques à Lourdes, il immortalise les instants fugitifs et légers. La photographie de cet amateur de voyages et de vacances évoluant dans un milieu plutôt privilégié, n’est ni sociale, ni politique, ni militante. Tournée vers la force joyeuse et ludique de l’existence, elle se fait le miroir malicieux et sensible des petits moments heureux. Années 20, années folles, chapeaux, fleurs, visages romantiques, puis années 50 et 60 où la photo couleur Kodak met son grain de sel acidulé dans les représentations du bonheur. Côte d’Azur, vacances au soleil, piscine, cabines de plage, ongles vernis, magazines et robes pétantes. Insouciance.

En 1979, Jacques Henri fait don à l’État français de l’intégralité de son fonds photographique et confie sa gestion à l’Association des Amis de Jacques Henri Lartigue. Décédé à Nice à 92 ans en 1986, véritable archiviste de sa propre existence, « empailleur de choses » comme il l’écrivait lui-même dans le journal qu’il a tenu toute sa vie, la photographie a été l’alliée de sa mémoire. Son oeuvre totalise plus de 110 000 négatifs. Sur lesquels flottent ces bulles de légèreté qui reviennent à nous aujourd’hui, attrapées au vol par un artiste qui n’a jamais boudé son plaisir de vivre.

Anne Leray

(1) Il n’existe pas de tirages couleur de l’époque, excepté ceux que Lartigue a collés dans ses albums. Tous les tirages présentés ont ainsi été réalisés pour l’exposition, à partir des positifs originaux (6×6 cm et 24×36 mm), dont certains sont très dégradés.  Scannés à très haute définition, puis numériquement restaurés, ils ont été présentés sous forme de tirages pigmentaires.

(2) Avec Madeleine Messager, dite Bibi, Jacques Henri Lartigue a eu un fils, Dany, devenu peintre et entomologiste. Ses petits-fils sont également artistes. Martin, qui joua le rôle de Petit Gibus dans La guerre des boutons (1962) est peintre et céramiste. Son frère François Lartigue est chef opérateur de cinéma et photographe.

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« Life in colour », jusqu’au dimanche 3 avril 2016, du samedi au mercredi de 10h à 18h, le jeudi et le vendredi de 10h à 21h, Musée de la photographie – Foam, Keizersgracht 609 à Amsterdam. Tel : 00 31 20 55 16 500

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Une réflexion au sujet de « « Life in colour » : Jacques Henri Lartigue exposé à Amsterdam »

    Céline Dupin a dit:
    24 février 2016 à 10:26

    En tout cas, la vie culturelle néerlandaise n’a rien à envier à celle de Montpellier ! Merci pour ces émotions partagées et de nous ouvrir à ce pan de la vie hollandaise 🙂 Céline

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