Givenchy rend hommage à Audrey Hepburn à La Haye

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Face à quelques extraits de films mythiques diffusés au sein de l’exposition, les robes portées par l’actrice britannique à l’écran (photos AL)

Il a habillé Lauren Bacall, Greta Garbo, Elizabeth Taylor, Marlene Dietrich, Jacqueline Kennedy… La rétrospective d’automne – hiver consacrée à Givenchy au Gemeente museum à La Haye et intitulée To Audrey with love, fait défiler un demi-siècle de haute couture. Elle rend hommage à l’égérie du couturier parisien, Audrey Hepburn, qui a porté ses créations dans de nombreux films. Un voyage dans le temps tout en douceur et en élégance.

Dans un film diffusé à l’ouverture de l’exposition, il déclare : « Audrey avait un immense talent, elle pouvait tout jouer. Elle est intemporelle et inoubliable ». Acteur impliqué et ému de sa rétrospective à La Haye sur laquelle il a travaillé une année, Hubert de Givenchy a concocté un hommage sur mesure à l’actrice britannique. Il est ainsi difficile de démêler qui, du couturier ou de son égérie, est le fil rouge de l’événement To Audrey with love (1). Mais peu importe finalement. Tous deux ont tissé une solide amitié au fil des années, et Audrey Hepburn est l’une des héroïnes de la saga Givenchy.

De beaux portraits de l’actrice, qui avait le chic pour être sophistiquée, ainsi que quelques-unes des nombreuses unes de magazines qui lui ont été consacrées (Elle, Life, Match, Marie Claire…) figurent ici. « Le secret de l’élégance est d’être soi-même », estime Givenchy. Cette pensée va comme un gant à la comédienne britannique née en 1929 en Belgique.

Les deux artistes se sont rencontrés en 1953, alors que s’ouvraient les premières pages de leur carrière. Givenchy conçoit alors la robe de la jeune Audrey pour le film de Billy Wilder, Sabrina. C’est le début de leur complicité. Il l’accompagnera ensuite pendant sept autres films, et l’habillera à la ville comme à l’écran. La robe de baptême de son fils Sean, en 1960, est par exemple présentée dans cette rétrospective. Une partie de l’exposition, illustrée par des affiches et des extraits des films mythiques habités par l’actrice, est dédiée au volet cinématographique de leur amitié (Charade, Sabrina, Diamant sur canapé, Comment voler un millions de dollars…). On y trouve les modèles portés à l’écran par l’actrice. « C’est très émouvant de revoir toutes ces robes qu’on avait oubliées », déclare le couturier.

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Audrey Hepburn dans Sabrina en 1954 (Photo DR)

L’engagement humanitaire d’Audrey Hepburn est également abordé ici. Elle a en effet été ambassadrice impliquée de l’Unicef et a défendu avec ferveur la cause de l’enfance dans le monde. Une série de photos relate ses déplacements dans de nombreux pays : Ethiopie, Venezuela, Turquie, Somalie, Vietnam… Petite-fille d’un baron néerlandais, Audrey Hepburn a passé une partie de son enfance aux Pays-Bas pendant la deuxième guerre mondiale, et a été elle-même soutenue par les organismes d’entraide compétents à l’époque.

Né à Beauvais un 20 février 1927, Picard devenu Parisien, Givenchy fêtera ses 90 ans dans deux mois. Grand admirateur de Balenciaga, il apprend son métier auprès de Jacques Fath, Robert Piguet, Lucien Lelong et Elsa Schiaparelli. De 1952 où il crée la maison Givenchy et présente sa première collection, à 1995 où il fait ses adieux à la scène de la mode, il en aura fait tourner des silhouettes et des têtes. « Rendre une femme plus belle, c’est essayer de la comprendre et faire en sorte que ses vêtements soient confortables. Si elle peut bouger avec aisance, ses gestes seront naturels et elle sera heureuse » peut-on lire parmi les citations qui égayent le parcours.

Givenchy a rendu ses ciseaux en 1995, deux ans après le décès de sa muse en Suisse. Tout comme sur le podium d’un défilé de mode, c’est la salle des robes de mariées qui clôture l’exposition. On y voit notamment la robe du son second mariage d’Audrey Hepburn avec le psychiatre italien Andrea Dotti en 1967, robe très courte en coton rose, face à laquelle quelques visiteurs du musée s’étonnent « c’est une robe de mariage ça ?! ».

Robes du soir et robes de cocktail prédominent dans cet événement d’envergure dédié à la haute couture, au luxe, à l’élégance et à la féminité. Il y a beaucoup de noir mais aussi des rouges, des orange, des verts et des tons crème, il y a des plumes, des paillettes, des perles et des dentelles, il y a de la soie, du velours, du satin et de l’organza. L’art de marier les coupes, les étoffes et les accessoires est à contempler à travers chacun des cent modèles présentés, tous conçus par l’inventeur du chic décontracté. Que l’on soit sensible ou non à la griffe Givenchy, ce défilé de robes déclinant les tendances à travers les époques offre la délicatesse d’une traversée qui s’accompagne d’une bouffée de douceur, de rêve et de nostalgie.

Anne Leray

(1) Le titre de l’exposition To Audrey with Love reprend celui du livre illustré et publié par Hubert de Givenchy en 2014.


A voir jusqu’au 26 mars 2017, du mardi au dimanche de 11h à 17h au Gemeente Museum à La Haye aux Pays-Bas.

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