Musée Voorlinden : « je me sens euphorique »

Publié le Mis à jour le

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Exposition Martin Creed au musée Voorlinden (photo AL)

Situé à Wassenaar en lisière des dunes qui bordent la mer du Nord, le musée Voorlinden est un havre de paix pour l’art contemporain. Niché dans un écrin de verdure, un élégant pavillon ouvert en septembre 2016 abrite la collection du Néerlandais Joop van Caldenborgh. Jalonnée d’oeuvres ludiques et monumentales, la visite n’est pas sans plaire aussi aux enfants. 

Les musées privés créés à l’initiative de collectionneurs désireux d’offrir une visibilité à leur patrimoine artistique sont en vogue. Sorti de terre au milieu d’un décor de rêve, le musée Voorlinden est de ceux-là, et sa réalisation s’avère être une réussite. Digne d’un tableau de maître hollandais composé de jardins, de prairies boisées, d’étangs et de dunes, son cadre naturel inspire d’emblée la sérénité.

Ce site de quarante hectares, irrigué de plaisants sentiers de promenade, est la propriété de Joop van Caldenborgh, 75 ans. Homme d’affaires à la retraite, propriétaire de l’usine chimique Caldic à Rotterdam, cet influent collectionneur néerlandais a fait construire à son imposante collection, un spacieux pavillon rectangulaire tout en verre, pierre et acier. Conçu par Dirk Jan Postel, cet édifice élégant et épuré est d’ailleurs en lisse cette année pour le concours de la BNA, une association d’architecture néerlandaise. Neuf autre bâtiments sont aussi nominés (résultats dans quelques jours le 19 mai).

A l’intérieur de ce vaste bâtiment d’un seul niveau, les salles ont vue sur les paysages environnants et rien ne vient troubler le rendez-vous avec l’art. Les œuvres sont éclairées par la lumière naturelle, forcément changeante avec le temps hollandais.

L’exposition permanente a le mérite d’être évolutive, et le volume des oeuvres présentées n’est pas encyclopédique, ce qui participe au charme de la visite. Les créations respirent, agréablement mises en scène dans sept salles, sans chronologie. Les grands noms de l’art moderne et contemporain dialoguent ici avec plusieurs jeunes artistes nés après les années 70. Jusqu’au 11 juin, l’exposition temporaire est consacrée au ludique et fantasque artiste britannique Martin Creed.

Dans l’aile gauche du musée, des œuvres monumentales saisissent et engloutissent le visiteur. C’est sans doute le clou du spectacle. L’Argentin Leandro Erlich crée l’illusion avec une piscine dont on peut admirer les reflets en descendant sous la surface de l’eau. La gigantesque sculpture de l’Américain Richard Serra avale les visiteurs qui s’aventurent dans cet imposant labyrinthe d’acier de 216 tonnes. Le couple de retraités à la plage, représenté avec un réalisme sidérant par l’Australien Ron Mueck, dégage une tendresse qui laisse difficilement de marbre.

Mariant l’art à la nature, Voorliden évoque son célèbre grand-frère le Kröller-Müller, érigé au cœur du parc national du Hoge Veluwe, non loin d’Amsterdam. L’intérêt de la visite tient tant à la découverte des œuvres présentées qu’à l’exploration du site, exposé au soleil, aux lumières inconstantes et aux tourments du vent. « Je me sens euphorique » nous glissait au passage un visiteur au sortir du musée, résumant ainsi sa visite.

Anne Leray

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Voorlinden, septembre 2016 (photo AL)
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