Divagations devant une oeuvre d’art : si l’on pouvait arrêter les aiguilles…

Publié le Mis à jour le

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« Wait », oeuvre signée Neoc, 2009 (photo AL)

Parmi les oeuvres exposées au musée Voorlinden à Wassenaar, celle de NEOC a arrêté les aiguilles du temps, et notre appareil photo.   

L’oeuvre date de 2009. Elle est signée Neoc et titrée Wait. Elle semble avoir été conçue un an avant la mort de l’artiste (1956-2010 peut-on lire sur le cartel mentionnant son nom), et résonne ainsi d’une certaine façon. On imagine en effet cet autre titre qui aurait pu lui être donné : « attends ton heure ». Exposée au musée Voorlinden à Wassenaar, Wait fait partie de la collection permanente appartenant à l’industriel néerlandais Joop van Caldenborgh.

Cette tribu de réveils usés, dont chacun indique un horaire différent et unique, pourrait représenter une cartographie des heures du globe d’un fuseau à l’autre. Elle inspire une foule d’images mentales et poétiques, et donne envie de prendre son temps. Silencieuse malgré tous les tics-tacs qu’elle pourrait produire si elle était remontée, cette oeuvre est parlante.

Alors les pensées glissent, et la subjectivité du temps saute aux yeux… Ton heure n’est pas toujours la mienne, mon heure n’est pas toujours la tienne, nos tempos différents, nos horloges personnelles, nos décalages, nos changements de rythme, nos accélérations et nos ralentissements, nos contretemps et nos synchronisations, nos allures vives, nos activités chronophages, nos vies réglées ou déréglées qui passent trop vite, l’ennui d’un temps qui ne passe pas, nos rendez-vous incessants, nos retards ponctuels… Et notre tendance commune par les temps qui courent trop vite à être souvent débordés.

Le temps qui passe et le temps figé, arrêté. Faire de l’intemporel avec le temporel. Ces réveils qui ne mettent plus personne debout réveillent pas mal d’idées. Tics-tacs fantômes de ces horloges rétros aux aiguilles arrêtées et clic-clac de l’appareil photo qui arrache une image au présent, et le fige à jamais. N’est pas là l’un des pouvoirs de la photographie, arrêter le temps, défier l’effacement du vivant ?

Aucune envie ici de remettre les pendules à l’heure.

Anne Leray


« Arrêter les aiguilles » – La petite chanson de Berthe Sylva.

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Une réflexion au sujet de « Divagations devant une oeuvre d’art : si l’on pouvait arrêter les aiguilles… »

    Anonyme a dit:
    2 juin 2017 à 09:32

    Super ces divagations… !

    ________________________________

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