Pascal Milard : « Le théâtre fait partie intégrante de ma joie de vivre »

Publié le

Pascal Milard (1)

Evénement francophone dédié au théâtre amateur et destiné aux amateurs de théâtre, le festival Francofilia invite le public à venir découvrir sa première édition du 23 au 25 juin à La Haye.  

Le week-end sera théâtral ou ne sera pas à La Haye. Avec des ateliers, des spectacles et des contes, le public pourra se faire à la fois spectateur ou acteur. Rencontre avec l’initiateur de ce tout nouveau rendez-vous estival, le prof, comédien, metteur en scène et féru de 6e art, Pascal Milard.

Bonjour Pascal, si sans filet et en mode improvisation vous deviez vous présenter en quelques phrases, que diriez-vous ?
Justement que je suis quelqu’un qui aime fonctionner « sans filet ». La part de risque que l’on se donne dans la vie est souvent le moyen de progresser réellement. J’essaie bien sûr toujours de limiter le danger de se faire vraiment mal, mais il me faut une part de stress pour que les choses avancent. Donc sans être un « chien fou », j’essaie de maintenir une dose d’adrénaline pour me sentir vivant.

Pourriez-vous nous expliquer pourquoi le théâtre, c’est vraiment votre truc ?
Je me suis lancé dans le théâtre dès l’âge de 14 ans grâce à une prof de français totalement engagée dans le domaine. J’ai continué mon expérience en allant un an aux Etats-Unis où j’ai pu découvrir d’autres concepts et techniques. Jouer dans une autre langue m’a ouvert de nouvelles portes que j’allais emprunter en arrivant aux Pays-Bas, et en intégrant le théâtre dans les cours de français que je donne à l’Alliance française de La Haye, et en devenant metteur en scène d’une troupe internationale, l’Avalanche, fondée localement. Le théâtre fait donc partie intégrante de mon travail, de mes activités et sorties culturelles, de ma joie de vivre en somme.

Pouvez-vous partager avec nous le souvenir d’un spectacle de théâtre inoubliable ?
Il y en a tellement, j’ai eu la chance de voir des spectacles de Mnouchkine, Hossein, de voir sur scène Huppert, Arestrup, Weber… Tous m’ont inspiré d’une certaine manière. Mais le plus beau spectacle que j’ai pu voir récemment est celui de James Thierrée, petit fils de Chaplin, avec les mêmes atouts physiques que son grand-père. Cet homme est capable de déclencher la magie à partir d’un sac plastique ou d’un élément du décor qui va se transformer en bête mythologique. Cette inspiration au voyage dans l’imaginaire d’un « grand enfant » me donne des ailes et me fait d’autant plus dire que la mise en scène est l’art de tous les possibles.

Que pensez-vous de la place laissée au théâtre en langue française aux Pays-Bas, ou du moins de la place que ce dernier s’est octroyé ?
Après le gouffre laissé par l’abandon progressif du théâtre français intégré comme valeur culturelle aux Pays-Bas, il fallait une réaction pour ne pas disparaitre complètement. J’en tiens pour exemple l’arrêt quasi-définitif des spectacles francophones au Koninglijk Schouwburg, alors qu’il y a dix ans, il y en avait au moins trois par an. Cette réaction est venue de l’émergence de troupes comme la nôtre et celle du GEST, et de diffuseurs de spectacles professionnels avec des associations comme l’Autre Pays du Théâtre. La résistance est donc bien au rendez-vous et se défend pas mal.

Est-ce que l’envie de mettre en place un événement autour du théâtre amateur francophone à La Haye couvait depuis longtemps sous votre chapeau de M. Loyal ?
Oui, en effet, l’envie de rassembler ces forces vives du théâtre aux Pays-Bas me chatouillait l’esprit depuis un moment déjà mais il fallait une base de soutien que j’ai trouvée avec l’Alliance Française et son directeur, Martin Beyer, qui a appuyé ce projet à fond.

Ce rendez-vous fait une place à la pratique théâtrale, c’est important ?
Ce que j’aime dans l’idée d’un festival, c’est la multiplicité des genres et des choses que l’on peut faire goûter et découvrir aux gens. Le théâtre existe sous tellement de formes et de conceptions plus ou moins traditionnelles, que je ne souhaite absolument pas limiter cet événement ni à l’avant-garde, ni au classicisme. Pour cette première édition, nous proposons autant aux enfants qu’aux adultes des ateliers et spectacles autour du conte, du masque, du clown et du théâtre contemporain, pour que chacun puisse (re-)découvrir un monde de jeux, en pratique ou en public. C’est donc une volonté d’être ouvert à tous et notamment aux non-francophones avec un niveau minimum en français pour pouvoir en profiter.

En quoi est-il complètement indispensable, incontournable et réjouissant de venir voir Francofilia faire ses premiers pas ce week-end ?
Il s’agit de jeter un défi au soleil, en lui disant : « Je sais que tu n’es pas là souvent dans ce pays et dès que tu es présent, j’aime te voir mais pardonne-moi juste quelques heures ce week-end du 23 au 25 juin, je vais m’absenter un peu pour voir d’autres éléments qui rayonnent aussi, comme ces brillants acteurs qui s’apprêtent à venir de France pour nous régaler les yeux et les oreilles de leurs histoires extraordinaires. » Des contes humoristiques de la Palestine à l’atelier clown en passant par les voyages d’une conteuse fabuleuse, vous n’avez pas fini de voyager avant de retrouver le soleil qui ne sera pas parti d’ici là.

Le mot de la fin ?
Francofilia est une formidable occasion de faire vivre le français et le théâtre main dans la main avec la possibilité de jouer et de voir jouer les autres sans se prendre la tête. L’objectif est de faire participer tout le monde et que cet événement familial soit un vrai partage d’expérience.

Recueilli par Anne Leray

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Tout le programme sur le site de l’Alliance française.

Lieu et accès : Tous les spectacles et ateliers auront lieu au théâtre Theater In De Steeg (Westeinde, 165 ), la rue entre Grote Kerk et HCM Westeinde. Il faut entrer dans une petite cour intérieure. Il est préférable de venir à pieds ou en vélo car les places de parking libres sont rares dans la rue et les espaces pour garer les vélos restent limités.

Tarifs : 10 euros = 1 soirée (ou matinée) spectacles, 20 euros = 1 atelier, 25 euros = spectacle + atelier, 30 euros = passepartout (tous les spectacles et ateliers)

Publicités

Une réflexion au sujet de « Pascal Milard : « Le théâtre fait partie intégrante de ma joie de vivre » »

    Nathalie a dit:
    20 juin 2017 à 07:13

    Très bonne initiative pour promouvoir le théâtre
    Francais aux Pays-Bas

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s