Amsterdam : voyage en Corée du Nord

Publié le Mis à jour le

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Escalator guard Pyongyang Metro 2016 © Eddo Hartmann

Avec une exposition au Huis Marseille à Amsterdam, le photographe néerlandais Eddo Hartmann nous ouvre les portes d’un pays coupé du monde, où il est difficile de se rendre et dont on a une vision très parcellaire, la Corée du Nord.  

Né à La Haye en 1973, Eddo Hartmann a été le premier photographe européen à exposer son travail en Corée du Nord.

Ses photos et ses vidéos – l’une d’entre elles nous permet de façon incroyable de visiter certains lieux comme si on y était grâce à la réalité augmentée et des plans à 360 degrés – mettent en scène l’immensité des paysages urbains et la démesure des architectures, photographiés de jour comme de nuit.

Sous le verre des cadres, s’articulent les pages d’une histoire, celle d’un intérêt accru et personnel pour un pays, et s’alignent des avenues désertes, des places immenses ou des arrêts de métro ultra clean comme surgis de maquettes encore inertes.

Eddo Hartmann a beaucoup arpenté Pyongyang. « Complètement détruite pendant la guerre de Corée (1950-1953), la ville a été ressuscitée comme modèle utopique où le message du socialisme et du progrès irradie de tous les côtés (…) Pour Hartmann, la relation entre l’imposant, le régime qui a déterminé l’architecture et les habitants de Pyongyang, qui étaient généralement anonymes dans les masses, est un thème important » peut-on lire dans l’exposition.

Le photographe s’est rendu quatre fois dans ce pays qui le fascine, entre 2014 et 2017. Bien qu’il ait travaillé de façon très encadrée sous la surveillance constante de deux guides, il réussit à faire passer une vision personnelle, photographiant notamment des hommes et des femmes, droit plutôt rarement accordé.

Observant ses sujets avec une certaine distance, Eddo Hartmann compose des prises de vue précises et saisissantes. Espaces publics déserts et aseptisés ou portraits d’habitants isolés dans des décors très lisses, ses images se situent à mi-chemin entre la photographie documentaire et plasticienne.

N’hésitez pas à faire ce voyage avec lui, pour sortir des seules images idéalisées que le gouvernement veut imposer, et des représentations médiatiques habituelles, notamment liées au bras de fer nucléaire entre Kim Jong-un et Donald Trump. C’est au Huis Marseille jusqu’au 4 mars, très beau musée surplombant l’un des canaux d’Amsterdam.

Anne Leray

 

 

 

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